Communiqué de presse : Harcèlement entre enfants

Cela mérite une grande cause nationale et beaucoup plus de moyens

Vendredi 9 juin, le ministre de l’Éducation nationale, Pap NDiaye, a écrit aux
7000 principaux de collège pour qu’ils organisent une heure de sensibilisation
sur le thème «Harcèlement et réseaux sociaux» à leurs 3,4 millions d’élèves
dans la semaine du 12 au 16 juin.

Évidemment, les parents d’élèves que nous sommes ne pouvons que saluer
cette consigne, car les situations de harcèlement se multiplient pouvant aller
jusqu’à pousser des enfants au suicide. Les dégâts pour notre société sont
incommensurables, c’est insupportable. Mais cette annonce, imposée à une
école déjà en forte tension, se heurte à la réalité de terrain. Qui va assurer
cette heure de sensibilisation en plein cœur du mois de juin, alors que l’année
scolaire se termine ? Avec quels outils ? Avec quelle formation ?
Le harcèlement scolaire est décrété « priorité absolue » par la Première
ministre Élisabeth Borne, mais en parallèle, malgré la mobilisation de toute la
communauté éducative, le gouvernement ne cède rien et maintient la
suppression de 1500 postes d’enseignants à l’école publique à la rentrée
prochaine. Comment écouter, repérer et accompagner les enfants lorsque les
premiers signaux de harcèlement apparaissent, s’il manque déjà des adultes
au sein des établissements scolaires ?

La FCPE demande à ce que le harcèlement entre enfants soit désigné grande
cause nationale, avec des lignes d’actions prises en concertation et
véritablement applicables. Une heure, c’est bien, une année entière, c’est
mieux !
Nous attendons une conférence nationale avec tous les acteurs de la
communauté éducative et les associations, institutions reconnues et actives
dans la lutte contre le harcèlement entre enfants. Une conférence nationale
pour travailler ensemble sur la durée, afin de combattre ce fléau.
Nous répétons ici nos revendications pour une meilleure protection des
élèves :

  • des fonds dédiés afin de financer des projets de prévention qui ont déjà fait
    leur preuve, avec un forfait euros par enfant à utiliser à l’échelle de chaque
    département ;
  • une médecine scolaire forte, devenue exsangue depuis plusieurs années ;
  • des adultes formés et en capacité de sensibiliser les élèves à l’usage des
    réseaux sociaux, de repérer les situations dangereuses ;
  • des accords avec les GAFA afin que les algorithmes identifient les
    déferlements de haine…
  • des cours de récréation végétalisées, avec des espaces pensés pour
    permettre des rencontres et échanges entre enfants.
    Le cyberharcèlement ne s’arrête pas aux portes de l’école. Les parents
    doivent donc, en effet, prendre toute leur part dans la lutte contre ce fléau.
    Lors de son message vidéo adressé aux représentants FCPE réunis ce
    weekend à Vierzon pour le 77e congrès de la FCPE nationale, le ministre de
    l’Éducation nationale, Pap Ndiaye nous a dit avoir besoin de nous,
    représentants de parents d’élèves, porte-paroles auprès des autres parents.
    Chaque jour, sur le terrain, nous réalisons ce travail d’écoute et
    d’accompagnement des familles. Chaque jour, nous martelons que la
    coéducation est une des clés pour un climat scolaire apaisé. Oui, la
    communauté éducative doit être solidaire autour d’un objectif partagé :
    permettre aux enfants de vivre sereinement leur scolarité et de se construire
    dans un environnement protégé.
    Mais, soyons cohérent, et donnons à l’école publique les moyens qu’elle
    réclame, renforçons les dispositifs et instances qui existent en matière
    d’éducation à la santé, aux médias, à la citoyenneté. La FCPE est prête, car il
    n’est plus possible que nos enfants aillent à l’école la peur au ventre.

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